Deux cibles et les vaccins
pour les atteindre :
le pneumocoque (PrevnarMD)
et le virus zostérien
(Varivax IIIMD et VarilrixMD)
Introduction
Plusieurs vaccins font partie du calendrier universel de vaccination du Québec et sont offerts gratuitement pour immuniser les enfants. Par contre, ce ne sont pas tous les vaccins présents sur le marché et destinés en particulier aux enfants qui sont accessibles sans frais. Cest le cas, entre autres, des trois vaccins suivants : le PrevnarMD, le Varivax IIIMD et le
VarilrixMD.
PREVNARMD
PrevnarMD est un vaccin conjugué contre le pneumocoque (VCP); il est inactivé, heptavalent et cible sept sérotypes de Streptococcus
pneumoniae (pneumocoque). Il est commercialisé par Wyeth-Ayerst et approuvé au Canada depuis juin 2001.
Indications
PrevnarMD est indiqué pour limmunisation active contre les infections envahissantes, la pneumonie et lotite moyenne à pneumocoque causées par les sérotypes 4, 6B, 9V, 14, 18C, 19F et 23F chez les enfants de six semaines à neuf ans(1).
Épidémiologie
Le pneumocoque est lagent principal des infections invasives bactériennes, de la pneumonie et de lotite moyenne aiguë (OMA) chez les enfants. Chaque année, environ 65 cas de méningite, 700 cas de septicémie, 2200 cas de pneumonie nécessitant une hospitalisation, 9000 cas de pneumonie sans hospitalisation et 15 décès causés par le pneumocoque sont
recensés chez les Canadiens âgés de moins de cinq ans(2). La résistance du pneumocoque aux antibiotiques devient également de plus en plus préoccupante au Québec, tout comme ailleurs dans le monde(3).
Immunologie
PrevnarMD est un vaccin inactivé composé de polysaccharides purifiés provenant dantigènes capsulaires de sept sérotypes de pneumocoque, chacun étant conjugué au support protéique CRM197, mutant non toxique de la toxine diphtérique. Chaque dose de PrevnarMD contient 2 µg de polysaccharides de chacun des sérotypes 4, 9V, 14, 18C, 19F et 23F; 4 µg du sérotype 6B (donc 16 µg au total) et 20 µg de protéine CRM197(1). Les sept sérotypes ciblés par ce vaccin sont responsables de plus de 80 % des infections envahissantes à pneumocoque chez les enfants(4).
Dautres vaccins contre le pneumocoque, composés seulement de polysaccharides, comme le Pneumovax 23MD (Merck Frosst) et le Pneumo 23MD (Aventis Pasteur), étaient déjà accessibles au Canada depuis 1983. Ces vaccins polysaccharidiques 23-valents contiennent 25 µg de polysaccharides capsulaires correspondant à chacun des 23 sérotypes, dont les sept couverts par PrevnarMD(2,4). Ils apportent une réponse immunitaire indépendante des lymphocytes T. Ce type de réponse est très faible chez les enfants de moins de deux ans. Grâce à son couplage avec le support protéique CRM197, le VCP permet dinduire une réponse immunitaire dépendante des lymphocytes T chez les enfants dès lâge de deux mois. Ainsi, on obtient une réponse précoce, avec formation danticorps et mémoire immunologique possible dès ce jeune âge(5).
Essais cliniques
On a réalisé deux grands essais randomisés à double insu chez les jeunes enfants afin de vérifier lefficacité et la sécurité du VCP administré en même temps que la vaccination systématique. Black et coll. ont administré le VCP ou le vaccin conjugué contre le méningocoque du groupe C chez 37 868 enfants en bonne santé à 2, 4, 6 et 12 ou 15 mois(6). Lefficacité du VCP contre les infections envahissantes à pneumocoque a été de 97,4 % chez ceux qui ont reçu les quatre doses de vaccin et 93,9 % chez ceux qui ont reçu au moins une dose. Limpact sur lOMA a semblé plus modeste.
Le vaccin a prévenu 7,0 % des épisodes dOMA dans lensemble et 20,1 % des interventions pour la mise en place de tubes transtympaniques. Il a été plus efficace chez les enfants présentant des épisodes fréquents dOMA. Les enfants ayant un faible poids à la naissance (moins de 2,5 kg) et les enfants nés entre les 32e et 38e semaines de grossesse ont également été inclus dans cette étude et ils ont reçu les vaccins selon le même schéma que les autres enfants. PrevnarMD sest révélé efficace et également sécuritaire dans cette population(7).
Eskola et coll. ont comparé le VCP administré à 2, 4, 6 et 12 mois avec le vaccin contre lhépatite B chez 1662 enfants en bonne santé ou non(8). Une réduction de 6 % des OMA de toute cause a été notée. Le nombre dOMA causées par un sérotype ciblé par le vaccin a été réduit de 57 % alors que les OMA causées par dautres sérotypes ont augmenté de 33 %, mettant en évidence un phénomène de « remplacement des sérotypes ». Une méta-analyse sur lefficacité des vaccins contre le pneumocoque sur la prévention de lOMA révèle que leffet du vaccin polysaccharidique est modéré chez les enfants de 24 mois et plus (RR 0,78 ; intervalle de confiance IC95 % 0,63-0,97). Le VCP semble avoir un effet plutôt minime sur lOMA chez les nourrissons dès lâge de deux mois (RR 0,92 ; IC95 % 0,85-0,99)(9). Ses effets sur la protection contre lOMA est moins spectaculaire que son effet sur les infections envahissantes car les OMA peuvent être causées par plusieurs bactéries autres que le pneumocoque.
La durée de la protection est inconnue. Cependant, on estime que lefficacité du VCP contre les infections envahissantes à pneumocoque pourrait être de 93,5 % après cinq ans et 92 % après dix ans(3).
Réactions indésirables/Interactions
Dans létude de Black et coll., le gonflement, la rougeur au point dinjection et la fièvre supérieure à 38 oC ont été les effets indésirables rapportés de façon plus fréquente dans le groupe VCP que dans le groupe témoin. Un plus grand nombre de convulsions fébriles a eu lieu dans le groupe VCP lors de cette étude. Par contre, la majorité des cas ont été signalés chez ceux qui ont reçu le vaccin anti-diphtérie-coqueluche-tétanos avec composante à cellule entière de la coqueluche(6). Enfin, il ny a pas eu de différence entre le nombre des hospitalisations avant et après vaccination secondaires à des effets indésirables. Des résultats semblables ont été obtenus dans létude de Eskola et coll.(8) Les autres effets indésirables les plus souvent rencontrés sont lirritabilité, la somnolence et les modifications de lappétit. La plupart du temps, les réactions générales sont plus intenses après la deuxième ou la troisième dose(4).
Lorsque PrevnarMD doit être administré dans une série associant le vaccin polysaccharidique 23-valent, comme chez les enfants de 24 à 59 mois qui sont susceptibles dinfections envahissantes, il est préférable dadministrer PrevnarMD en premier et de donner lautre vaccin après au moins huit semaines. Il est par contre nécessaire dadministrer PrevnarMD dans un autre endroit du corps. Aucune interaction na été rapportée à ce jour avec dautres vaccins. Malgré la présence dans le VCP dune substance provenant de la toxine diphtérique, il est à noter que ce vaccin nest pas un substitut au vaccin contre la diphtérie(4).
Précautions/Contre-indications
Puisque la réponse immunitaire au vaccin peut être réduite chez les sujets immunosupprimés, il est préférable dadministrer le vaccin au moins 10 à 14 jours avant le début dun traitement immunosuppresseur(4). Il faut prendre des précautions chez les patients ayant des antécédents de réaction allergique au latex puisque le bouchon de la fiole contient du caoutchouc sec naturel. La sécurité du produit na pas été démontrée chez les enfants de moins de six semaines(1).
Toute hypersensibilité à une des composantes de PrevnarMD est une contre-indication absolue du produit. Une maladie fébrile aiguë constitue une contre-indication relative(4). Le vaccin ne contient pas de thimérosal ni dagent de conservation(1).
Posologie
La dose recommandée est de 0,5 mL administrée par voie intramusculaire seulement. Il faut agiter la suspension avant linjection pour quelle devienne blanche et homogène. Le vaccin doit être conservé au réfrigérateur entre 2 et 8 oC. Les endroits à privilégier pour linjection sont la face antérolatérale de la cuisse chez les nourrissons et le deltoïde chez les enfants. La fréquence dadministration dépend de lâge ainsi que des risques chez le sujet en question (tableau I). Sil y a un retard dans le calendrier vaccinal, il faut consulter le Protocole dimmunisation du Québec pour plus dinformations(4).
Tableau I : Calendrier de vaccination par PrevnarMD(2,4)
|
Âge lors de la première dose |
Série de vaccins primaire |
Dose de
rappel |
|
2 à 6 mois |
3 doses, 4 à 8 semaines dintervalle |
1 dose entre
12 et 15 mois (au moins 8 semaines après série primaire) |
|
7 à 11 mois |
2 doses, 4 à 8 semaines dintervalle |
1 dose entre
12 et 15 mois (au moins 8 semaines après série primaire) |
|
12 à 23 mois |
2 doses, 4 à 8 semaines dintervalle |
|
|
24 à 59 mois Enfants susceptibles dinfections envahissantes |
2 doses à intervalle de 8 semaines puis vaccin 23-valent au moins 8 semaines après la dernière dose de PrevnarMD |
|
|
24 à 59 mois Enfants en bonne santé |
1 dose |
|
Coût
Le coût dune dose de 0,5 mL de PrevnarMD était de 79,80 $ chez le grossiste McKesson en juin 2004. Actuellement, ce vaccin nest pas inclus dans les programmes dimmunisation du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Par contre, quelques programmes dassurance privée le remboursent. Certains groupes susceptibles peuvent toutefois recevoir le vaccin gratuitement. La Direction régionale de la santé publique de la capitale nationale offre gratuitement le vaccin aux enfants de deux à 59 mois qui sont susceptibles dinfections envahissantes (voir tableau I) ainsi que chez ceux qui vivent dans une collectivité où lincidence est plus élevée (Nunavik, Terres-Cries-de-la-Baie-James)(10). Pour dautres informations, il faut contacter la Direction de la santé publique de sa région(4).
Utilité
Le VCP permet maintenant une protection supplémentaire contre le pneumocoque chez les enfants de moins de deux ans. Malgré que le vaccin ne soit pas gratuit pour tous, le MSSS recommande la vaccination de tous les enfants âgés de deux à 23 mois, tous les enfants âgés de 24 à 59 mois qui sont susceptibles dinfections envahissantes à pneumocoque, tous les autochtones du Nunavik et des Terres-Cries-de-la-Baie-James de 24 à 59 mois, ainsi que la plupart des autres enfants de 24 à 59 mois, surtout sils ont moins de 36 mois ou sils fréquentent un service de garde(4).
VARIVAX III MD et VARILRIXMD
Deux vaccins contre le virus zostérien (VZ), quon appelle aussi le virus varicelle-zona, sont présentement utilisés au Canada. Varivax IIIMD est commercialisé par Merck Frosst et approuvé au Canada depuis juin 2002. VarilrixMD est commercialisé par GlaxoSmithkline et est en vente au Canada depuis octobre 2002(11).
Indications
Le
Varivax IIIMD et le VarilrixMD sont deux vaccins vivants atténués servant à limmunisation active contre la varicelle chez les personnes âgées de 12 mois et plus(12,13).
Épidémiologie
Le VZ est un virus à ADN appartenant à la famille des Herpesviridae. Il cause une maladie, la varicelle, qui demeure latente dans les ganglions des nerfs sensitifs et peut être réactivée plus tard en zona. La personne atteinte de varicelle est contagieuse un à deux jours avant lapparition des éruptions jusquà ce quune croûte se soit formée sur la dernière lésion. Le virus se transmet par contact direct avec les lésions ou les sécrétions buccales et par voie aérienne(2). Le nombre moyen de vésicules est de 300 à 500(4).
Avant lâge de douze ans, 90 % des enfants auront eu la varicelle. Considérée comme bénigne chez les enfants, la varicelle entraîne tout de même un grand nombre de consultations médicales, près de 50 % de tous les cas de mortalité reliée au VZ et une perte de productivité des personnes qui doivent en prendre soin. Le taux de létalité est de 10 à 30 fois plus élevé chez les adultes que chez les enfants. Parmi les complications de la varicelle, mentionnons les infections de la peau et des tissus mous, lOMA, la pneumonie et les infections envahissantes à streptocoque ß-hémolytique du groupe A, comme la fasciite nécrosante(2,11).
Immunologie
Varivax
IIIMD et VarilrixMD sont deux vaccins lyophilisés vivants atténués de la souche Oka. Varivax IIIMD contient au moins 1350 unités formatrices de plaques (UFP) du virus de la source Oka/Merck alors que VarilrixMD contient au moins 1995 UFP de la source Oka(11-13).
Essais cliniques
Les études post-commercialisation des vaccins contre le VZ montrent une efficacité denviron 85 % pour ce qui est de prévenir la survenue de la varicelle, et une efficacité de 100 % pour ce qui est de la prévention de la forme grave de la varicelle. Les cas de varicelle qui surviennent malgré la vaccination sont plus bénins et de moins longue durée que ceux de la varicelle « sauvage » (moins de 50 lésions et peu ou pas de fièvre). La durée de limmunité conférée par la vaccination est dau moins 20 ans selon les études japonaises et dau moins 11 ans selon les études américaines. Le vaccin pourrait également être administré préventivement aux membres de la famille dans les cinq jours suivant le contact initial. Cela préviendrait lapparition de la varicelle à près de 90 %(2,14).
Une étude à double insu, randomisée et multicentrique, comparant VarivaxMD
et VarilrixMD a été effectuée. Elle permet de dire que VarivaxMD est plus immunogène que VarilrixMD et quil est aussi bien toléré. Selon les auteurs, cette différence serait due aux degrés différents datténuation des souches virales contenues dans les deux vaccins. Il est à noter que cette étude a été financée par Merck et que limpact clinique sur lincidence de la varicelle na pas été démontré(15).
Effets indésirables/Interactions
Les réactions au vaccin contre la varicelle sont habituellement légères. Près de 20 % des sujets vaccinés présentent de la douleur ou de la rougeur au point dinjection. Environ 3 % à 5 % des enfants présentent une éruption varicelliforme localisée alors quun autre 3 % à 5 % ont une éruption généralisée, mais bénigne. Les éruptions apparaissent dans les cinq à 26 jours suivant la vaccination et comportent seulement quelques lésions(14). Léruption est contagieuse et peut survenir jusquà six semaines après la vaccination. La maladie est par contre moins sévère lorsquelle est causée par le virus vaccinal que par le virus sauvage. Il est à noter quun rash survenant dans les deux premières semaines est souvent causé par le VZ sauvage(4). Une fièvre de plus de 38,9 oC est survenue chez près de 15 % des enfants dans les 42 jours suivant la vaccination. Une température de plus de 37,8 oC a été notée chez 10 % des adolescents et des adultes vaccinés(14). Les études cliniques menées avec placebo dans le cas du VarilrixMD nont pas mis en évidence de différences significatives pour ce qui est des effets indésirables(4,13). Des réactions graves comme lencéphalite, la thrombocytopénie, le syndrome de Stevens-Johnson et la mort ont été rapportées, mais le lien de cause à effet na pu être démontré dans tous les cas(14).
Le vaccin doit être administré deux semaines avant ou trois à douze mois (selon la dose reçue) après ladministration dimmunoglobulines humaines, de sang ou de dérivés du sang, car il y a risque dinhibition de la réponse immunitaire(4,11-13). Le vaccin pourrait également fausser les résultats du test cutané à la tuberculine. Le vaccin peut être administré en même temps quun autre vaccin vivant à un endroit différent ou à au moins quatre semaines dintervalle(4).
Précautions/Contre-indications
La souche vaccinale peut être exceptionnellement transmise à lentourage des personnes vaccinées à partir dune éruption post-vaccination. Il est donc souhaitable que les personnes immunosupprimées évitent le contact avec un sujet vacciné sil y a éruption. Les individus vaccinés devraient en principe attendre six semaines après la vaccination pour entrer en contact étroit avec une femme enceinte sans antécédents connus de varicelle. Comme tous les vaccins à virus vivants atténués, les vaccins contre la varicelle sont contre-indiqués chez la femme enceinte. Les deux compagnies fabriquant les vaccins ont mis en place un registre de grossesses. Il est donc important de signaler tous les cas rencontrés afin de documenter les réactions possibles. De 1995 à 2002, 92 femmes ont été répertoriées dans le registre de Merck Frosst. Le nombre danomalies rapporté était comparable à celui rencontré dans lensemble de la population américaine. Les enfants et adolescents devraient éviter de prendre des salicylates au cours des six semaines suivant la vaccination pour éviter le syndrome de Reye(11-13). Les personnes en attente de greffe ou de traitement immunosuppresseur devraient recevoir leur vaccin six à huit semaines avant lintervention ou le traitement(4).
Une
contre-indication absolue au produit est lhypersensibilité à une de ses composantes ou une réaction anaphylactoïde antérieure à la néomycine puisque les vaccins en contiennent à létat de traces. Une dermatite de contact à la néomycine nest pas, par contre, une contre-
indication(12,13). Les autres contre-indications sont une maladie fébrile aiguë et un état dimmunosuppression avancée, mais le VarilrixMD est approuvé pour limmunisation de certains sujets immunosupprimés(4,13).
Posologie
La dose recommandée du Varivax IIIMD et du VarilrixMD est de 0,5 mL administrée par voie sous-cutanée dans le deltoïde de préférence. La fréquence dadministration dépend de lâge du patient (tableau II). Les deux vaccins doivent être conservés au réfrigérateur entre 2 et 8 oC, mais le diluant peut être conservé à la température de la pièce ou au réfrigérateur(12,13).
Tableau II : Calendrier de vaccination pour
Varivax IIIMD et VarilrixMD (12,13)
|
Âge |
Varivax
IIIMD |
VarilrixMD |
|
12 mois à 12 ans |
Dose unique |
Dose unique |
|
13 ans et
plus |
2 doses, |
2 doses, au
moins |
Coûts
Le coût dune dose de 0,5 mL de Varivax IIIMD était de 61,17 $ et celui dune dose de 0,5 mL de VarilrixMD de 55,06 $ chez le grossiste McKesson en juin 2004. Ce vaccin nest pas inclus dans les programmes dimmunisation du MSSS. Par contre, quelques programmes dassurance privée le remboursent. Certains groupes susceptibles peuvent toutefois recevoir le vaccin gratuitement. La Direction régionale de la santé publique de la capitale nationale offre gratuitement le vaccin aux contacts familiaux dune personne immunosupprimée et aux personnes réceptives immunosupprimées en attente dune greffe ou dun traitement immunosuppresseur après évaluation médicale(10). Pour dautres informations, il faut contacter la Direction de la santé publique de sa région(4).
Utilité
Le MSSS recommande la vaccination de toute personne dun an ou plus qui na pas dhistoire clinique de varicelle ou dont lhistoire est douteuse. Dici lan 2005, suite à la recommandation du Comité consultatif national sur limmunisation, toutes les provinces du Canada devraient avoir mis en place un programme systématique de vaccination pour les enfants et organiser un programme de rattrapage pour les autres personnes(11). Toutefois, dici là, les personnes sans histoire de varicelle suivantes devraient être vaccinées de façon prioritaire : celles qui vivent avec des sujets immunosupprimés, le personnel soignant, celles qui travaillent auprès des enfants et des adolescents, celles qui sont atteintes de mucoviscidose (fibrose kystique du pancréas) ainsi que les enfants et les adolescents qui prennent un salicylate de façon prolongée(4).
Conclusion
PrevnarMD offre maintenant une protection efficace contre le pneumocoque chez les moins de deux ans, surtout en prévention des infections envahissantes. Varivax IIIMD
et VarilrixMD constituent deux solutions efficaces pour la vaccination contre le VZ à partir de lâge dun an.
N.B. Pour plus dinformations, consulter le
Guide canadien dimmunisation à ladresse suivante :
http://www.hc-sc.gc.ca/pphb-dgspsp/publicat/cig-(4)
ou
Le Protocole dimmunisation du Québec :
http://www.msss.gouv.qc.ca/sujets/santepub/preventioncontrole/immunisation/fs_immunisation.html.
Préparé par : James Hill, B. Pharm., résident en pharmacie, CHUL du CHUQ.*
Révisé par : Isabelle Laverdière, B. Pharm., M. Sc. et Dr François Boucher, infectiologue
CHUL du CHUQ.
* M Hill était résident au moment de la rédaction de ce bulletin.
Références
1. Wyeth-Ayerst Canada Inc. Monographie du vaccin antipneumococcique heptavalent conjugué [protéine diphtérique CRM197] (PrevnarMD). St-Laurent, Québec; mai 2002.
2. Conseil consultatif national de limmunisation. (Page consultée le 20 janvier 2004). Guide canadien dimmunisation, 6e édition. Association médicale canadienne. [En ligne.] Adresse URL : http://www.hc-sc.gc.ca/pphb-dgspsp/publicat/cig-gci/pdf/guide_immuniz_cdn-2002-6.pdf.
3. Institut national de santé publique du Québec. Utilisation du vaccin antipneumococcique conjugué au Québec. Gouvernement du Québec, avril 2003.
4. Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, Direction générale de la Santé Publique. (Page consultée le 28 mai 2004). Protocole dimmunisation du Québec. Gouvernement du Québec..
[En
ligne.] Adresse
URL :http://www.msss.gouv.qc.ca/sujets/santepub/preventioncontrole/immunisation/fs_immunisation.htmL.
5. Eskola J, Anttila M. Pneumococcal conjugate vaccines. Pediatr Infect Dis
J 1999; 18: 543-51.
6. Black S, Shinefield H, Fireman B, et al. Efficacy, safety and
immunogenicity of heptavalent pneumococcal conjugate vaccine in children.
Pediatr Infect Dis J 2000; 19: 187-95.
7. Shinefield H, Black S, Ray P, et al. Efficacy, immunogenicity and safety
of heptavalent pneumococcal conjugate vaccine in low birth weight and preterm
infants. Pediatr Infect Dis J 2002; 21: 182-6.
8. Eskola J,
Kilpi T, Palmu A, et al. Efficacy of a pneumococcal conjugate vaccine against
acute otitis media. N Engl J Med 2001; 344: 403-9.
9. Straetemans M, Sanders EAM, Veenhoven RH, et al. Review of randomized controlled
trials on pneumococcal vaccination for prevention of otitis media. Pediatr
Infect Dis J 2003; 22: 515-24.
10. Direction régionale de santé publique de la Capitale nationale. Vaccins gratuits ou payants ? Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux, avril 2004.
11. Conseil consultatif national de limmunisation. (Page consultée le 28 mai 2004). Mise à jour sur la varicelle. Relevé des maladies transmissibles au Canada. Direction générale de la santé de la population et de la santé publique. [En ligne.] Adresse URL : http://www.hc-sc.gc.ca/pphb-dgspsp/publicat/ccdr-rmtc/04vol30/acs-dcc-1/index_f.htmL.
12. Merck Frosst Canada et Cie. Monographie du vaccin à virus vivant atténué contre la varicelle [souche Oka/Merck] (Varivax IIIMD). Kirkland, Québec; mars 2003.
13. GlaxoSmithKline Inc. Monographie du vaccin à virus vivant atténué contre la varicelle [souche Oka] (VarilrixMD).
Mississauga, Ontario; septembre 2002.
14. American Academy of Pediatrics. Committee on infectious diseases.
Varicella vaccine update. Pediatrics 2000; 105: 136-41.
15. Lau YL, Vessey SJ, Chan IS, et al. A comparison of safety, tolerability and immunogenicity of Oka/Merck varicella vaccine and VarilrixTM in healthy children. Vaccine 2002; 20: 2942-9.
Toute reproduction, en tout ou en partie, de cette publication ne doit être faite que sous autorisation écrite du pharmacien coordonnateur du Centre dinformation sur le médicament.
SUITE À LIMPRESSION DE NOTRE BULLETIN INTITULÉ :
Deux cibles et les vaccins pour les atteindre:
le pneumocoque (Prevnarmd) et le virus zostérien (Varivax III md et Varilrixmd)
(Volume 4, Numéro 1 Année 2004)
Dès le 1er décembre 2004, le vaccin inactivé conjugué 7-valent contre le pneumocoque est ajouté au Programme québécois dimmunisation soutenu financièrement par le MSSS*. Actuellement, seul le Prevnarmd commercialisé par Wyeth est disponible. Le Prevnarmd
est ajouté au calendrier dimmunisation pour tous les enfants âgés de 2 à 59 mois. Le nombre de doses à administrer diffère en fonction de lâge à la première dose et de la condition de santé de lenfant à vacciner.
CALENDRIER RÉGULIER DIMMUNISATION, POSOLOGIE ET VOIE DADMINISTRATION
|
Âge à la 1ère
dose |
Primovaccination (nombre de
doses) |
Rappel |
Posologie |
Voie dadministration |
|
De 2 à 11 mois (1) (2): en bonne santé à risque accru(3)
|
2 3 |
Oui, à partir de 12 mois(4) Oui, à partir de 12 mois(4) |
0,5 mL 0,5 mL |
IM IM |
|
De 12 à 23 mois(4) |
2 |
Non |
0,5 mL |
IM |
|
De 24 à 59 mois(4): en bonne santé à risque accru(3) |
1 2(5) |
Non Non |
0,5 mL 0,5 mL |
IM IM |
(1) Lâge minimal est de 6 semaines.
(2) Les doses avant lâge de 12 mois sont administrées à 8 semaines dintervalle (minimum de 4 semaines).
(3) Les enfants à risque accru sont ceux présentant une des conditions augmentant le risque dinfections invasives à pneumocoque (voir bulletin dinformation volume 4, Numéro 1 Année 2004, Tableau 1)
(4) Les doses à partir de lâge de 12 mois sont administrées à au moins 8 semaines dintervalle, quil sagisse de la primovaccination ou de la dose de rappel.
(5) Chez les enfants de 24 à 59 mois à risque accru dinfections invasives à pneumocoque, administrer un vaccin polysaccharidique 23-valent contre le pneumocoque au moins 8 semaines après la dernière dose de vaccin Prevnarmd afin détendre la protection vaccinale à dautres sérotypes. Par la suite, une revaccination avec le vaccin polysaccharidiques 23-valent peut être indiquée.
Des recommandations sur lutilisation du vaccin conjugué contre le pneumocoque chez les enfants qui ont un retard dans le calendrier vaccinal est également disponible. Pour plus dinformation, consulter le Protocole dimmunisation du Québec (PIQ). Ce dernier est disponible par internet à ladresse suivante http://www.msss.gouv.qc.ca. Les modifications concernant le vaccin conjugué seront mises à jour sous peu.
Référence: Programme québécois dimmunisation novembre 2004
*MSSS = Ministère de la Santé et des Services sociaux
Isabelle Laverdière, B. Pharm., M.Sc
Responsable du Service régional de distribution des produits immunisants de Québec (SRPIQ) (CHUQ)