ZeldoxMD (chlorhydrate de ziprasidone)
Information générale :1,2,7
La ziprasidone est
un antipsychotique atypique indiqué pour le traitement de la schizophrénie et
des troubles psychotiques apparentés. Son approbation par Santé Canada a été effectuée le 27 août 2007. Il est disponible en capsules de 20 (1,77$/cap), 40 (2,78$/cap),
60 (4,06$/cap) et 80mg (5,56$/cap). Le ZeldoxMD n’est actuellement pas couvert par la RAMQ.
Description :1,2,4
L’efficacité antipsychotique de la ziprasidone repose
sur sa forte affinité comme antagoniste des récepteurs dopaminergiques de type
2 (D2). Son efficacité sur les symptômes positifs et négatifs est due à l’activité
antagoniste des récepteurs sérotoninergiques de type 2 (5-HT2A). La
ziprasidone a aussi une affinité pour les récepteurs 5-HT1A,1B,1D,2C lui conférant peut-être une efficacité sur
l’anxiété et sur les symptômes dépressifs. Par ailleurs, son
activité antagoniste modérée sur les récepteurs adrénergiques (α1) et
histaminiques (H1) diminue l’incidence d’hypotension orthostatique et de
somnolence. Son affinité est négligeable sur les récepteurs muscariniques lui
conférant peu d’effets anticholinergiques.
Indications et posologie:1-3,8
L’indication officielle de la ziprasidone est le traitement de la schizophrénie et des
troubles apparentés. Il est
aussi intégré dans les lignes directrices du Canadian Network for Mood and Anxiety Treatments (CANMAT) 2007 pour le traitement des troubles bipolaires
dans les manies et les épisodes mixtes. Il est recommandé d’amorcer le
traitement à une dose de 40mg BID et de titrer les doses aux deux jours selon
l’état clinique du patient. La posologie optimale est de 120 mg/jour et la dose
maximale est de 160 mg/jour. La
ziprasidone n’est pas indiquée chez les moins de 18 ans puisqu’il n’a pas été
étudié chez cette clientèle.
Pharmacocinétique : 1-3
Absorption : Biodisponibilité
30% à jeun et de 60% avec nourriture. Il est recommandé de prendre le ZeldoxMD avec des aliments.
Distribution :
La
ziprasidone est liée à 99,9% aux protéines plasmatiques.
Métabolisme : Principalement
hépatique : un tiers du ZeldoxMD est métabolisé
par le CYP3A4 et le 1A2 et deux tiers par l’aldéhyde oxydase. Les études pharmacocinétiques ont démontré
que la prise concomitante de kétoconazole augmenterait les concentrations sériques de ziprasidone de 35%
et que la prise concomitante de carbamazépine diminuerait les concentrations
sériques de la ziprasidone de 36%. Cependant, ces intéractions étaient sans
impact clinique. Aucun ajustement de dose de la ziprasidone n’est suggéré dans
ces cas. Sa demi-vie (t1/2) est de 6,6 heures.
Élimination :
La
ziprasidone est excrétée à 66% dans les fèces et 20% dans l’urine. Aucun ajustement de dose n’est suggéré en
présence d’insuffisance rénale ou d’insuffisance hépatique légére à modérée.
Effets indésirables :1-6
Les effets secondaires les plus fréquemment
rencontrés sont la somnolence, les nausées, la constipation, les réactions
extrapyramidales (REP) et l’insomnie.
La ziprasidone est le seul antipsychotique atypique pour lequel on dispose de
données démontrant une amélioration durable des paramètres métaboliques comme
le poids, le taux de cholestérol et le taux de triglycérides. L’allongement de l’onde
QT/QTc a été observé de façon proportionnelle à la dose. En moyenne,
l’allongement du QT est de moins de 10ms et aucun cas de torsade de pointe n’a
été rapporté. La ziprasidone est contre-indiquée chez des patients ayant des
antécédents avérés d’allongement de l’intervalle QT, chez les patients ayant eu
un infarctus du myocarde récent et chez les patients ayant des facteurs de
risque de torsade de pointe. Il n’y a pas de monitoring précis de suggéré mais
un ECG de base et lors des augmentations de dose peut être effectué.
Étude d’efficacité : 4-6
Une étude comparative entre la ziprasidone et la
risperidone a démontré une efficacité clinique similaire entre ces molécules.
Il y avait plus d’insomnie avec la ziprasidone mais plus de REP, de gain de
poids et d’élévation de la prolactine avec la risperidone. Cependant des doses jusqu’à 7 mg par jour de
rispéridone ont été utilisées dans l’étude. Cinq études comparatives avec l’olanzapine ont démontré une efficacité clinique comparable sauf pour les
symptômes dépressifs (olanzapine légèrement supérieur à ziprasidone). Cependant,
l’olanzapine a causé significativement plus de désordres métaboliques (cholestérol
et triglycérides) et de gain de poids. L’étude
CATIE a comparé le perphenazine, l’olanzapine, la risperidone et la quetiapine.
En général, la ziprasidone causait plus d’insomnie, mais moins de désordres
métaboliques, de gains de poids et de symptômes anticholinergiques.
L’équipe
du CIM
Références :
1. Pfizer Canada, Monographie du chlorhydrate
de ziprasidone (ZeldoxMD). [en ligne] www.pfizer.ca (page consultée le 13
mars 2008).
4. Manschreck
TC, Boshes RA. et coll. The CATIE schizophrenia trial: results,
impact, controversy. Harv Rev Psychiatry. 2007;
15(5):245-58.
5. Breier A, Berg PH, Thakore JH et coll.
Olanzapine versus ziprasidone: results of a 28-week double-blind study in
patients with schizophrenia. Am J Psychiatry.
2005 ;162(10):1879-87.
6. Simpson GM, Weiden P, Pigott T et coll.
Six-month, blinded, multicenter continuation study of ziprasidone versus
olanzapine in schizophrenia. Am J Psychiatry. 2005; 162(8):1535-8.
7. Régie
de l’assurance maladie du Québec. Liste de médicament. [En ligne] www.ramq.gouv.qc.ca (page consultée le
13 mars 2008).
8.
Canadian Network for Mood and Anxiety Treatments [En
ligne] www.canmat.org
(page
consultée le 13 mars 2008).