Varénicline (ChampixMD)

 

Information générale 1,2

La varénicline est le dernier agent s’ajoutant à l’arsenal thérapeutique de la lutte antitabagique. Ce médicament s’adresse à une clientèle fumeuse âgée de 18 ans et plus. Le ChampixMD est disponible en comprimés de 0,5 mg et de 1 mg. Des trousses de départ et de maintien, contenant le premier mois de traitement ou les subséquents, sont également disponibles.

 

Description 1,3

La varénicline est un agoniste sélectif partiel des récepteurs nicotiniques de l’acétylcholine de sous-type alpha-4-beta-2. Elle y produit un effet nicotinique d’intensité moindre que la nicotine, en plus de bloquer sa liaison. Ceci prévient la stimulation subséquente du système mésolimbique dopaminergique associée à la sensation de plaisir et de renforcement.

 

Posologie et indication 4

L’effet thérapeutique maximal de la varénicline est atteint seulement après quelques jours. Cela s’explique par le fait que les doses doivent être titrées en début de traitement pour favoriser la tolérance. Pour cette raison, le médicament doit être instauré de une à deux semaines avant l’arrêt tabagique. La dose d’entretien est atteinte en une semaine, selon le calendrier suivant :

 

Jour 1 à 3

0,5 mg une fois par jour

Jour 4 à 7

0,5 mg deux fois par jour

Jour 8 jusqu’à la fin du traitement (12 semaines)

1 mg deux fois par jour

 

Pharmacocinétique 1

Absorption : L’absorption par voie orale est importante et non affectée par la nourriture. Distribution : La varénicline se lie aux protéines sériques dans une proportion d’environ 20 %,

Métabolisme et élimination : La varénicline est faiblement biotransformée au foie puis est excrétée par les glomérules rénaux de façon majoritairement inchangée (92 %). La varénicline n’interagit pas directement avec d’autres médicaments. Ne subissant pas de métabolisme via les cytochromes hépatiques, sa pharmacocinétique est peu à même d’être modifiée ou de perturber celle d’autres médicaments. On doit cependant garder en tête que la cessation tabagique elle-même peut exercer un impact sur le métabolisme des médicaments biotransformés au CYP1A2, induits par la fumée de cigarette.

 

En cas d’insuffisance rénale sévère (Clcr < 30 mL/min), la posologie doit être révisée. En effet, on rapporte que les concentrations sériques augmentent significativement, justifiant une baisse de la posologie à 0,5 mg deux fois par jour.

 

Place dans la thérapie et combinaisons3

Le principe d’action de la varénicline dans l’arrêt du tabagisme réside dans la privation de la sensation agréable associée à l’effet de la nicotine inhalée. N’exerçant pas une activité agoniste directe sur les récepteurs nicotiniques, la varénicline peut être utilisée même si la cessation tabagique n’est pas complète.

Cinq études cliniques pré commercialisation ont établi l’efficacité de la varénicline. Suivis pour une durée d’un an, 22 à 37,3 % des patients ont montré une abstinence prolongée (8,4 à 17,1 % pour le placebo). Une étude comparative avec le bupropion 150 mg deux fois par jour a montré une supériorité significative de la varénicline (23 % de cessation pour la varénicline comparativement à 14,6 % pour le bupropion ; p=0,004).

Les études de mise en marché n’ont pas évalué la combinaison de la varénicline avec la thérapie de remplacement à la nicotine et ne recommandent donc pas leur utilisation concomitante. Sur la base du mécanisme d’action, il y aurait peu de bénéfices à associer timbres de nicotine et varénicline, mais il ne s’agit pas d’une contre-indication ou d’une action antagoniste. Quant au bupropion, il n’exerce ni synergie ni interaction avec la varénicline. La varénicline peut donc être considérée comme un choix de première ligne en monothérapie ou bien une option de rechange après un échec aux autres thérapies de remplacement.

 

Effets indésirables et contre-indications 1, 4

Les effets indésirables principaux concernent le tractus gastro-intestinal : nausées (16 à 40 %), douleur abdominale (5 à 7 %) et constipation (5 à 8 %). De l’insomnie (18 %) et des maux de tête (15 à 19 %) sont également fréquents, mais difficilement dissociables de l’effet de l’arrêt tabagique.

Différents troubles de l’humeur, incluant symptômes dépressifs et anxiété, ont ressorti des études de commercialisation. La compagnie a imputé partiellement ces perturbations au deuil du tabac. En novembre 2007, la FDA s’est penchée sur plusieurs rapports anecdotiques d’idéation et de comportements suicidaires associés à l’usage de la varénicline, notamment un cas très publicisé de décès suspect. De plus, chez certains individus, l’exacerbation ou la révélation de troubles psychiatriques seraient survenues. Pour ces raisons, la FDA a demandé à la compagnie d’afficher, dans un premier temps, un avertissement pour la population dépressive, et dans un deuxième temps, de poursuivre des études d’innocuité.

 

Conclusion

Le ChampixMD constitue une alternative de traitement intéressante pour aider les sujets dans leur quête de cessation tabagique, qu’ils aient effectué ou non un ou plusieurs essais infructueux. Bien entendu, un support environnemental et une décision réfléchie sont des conditions favorisantes essentielles au succès de l’opération.

 

 

L’équipe du CIM

 

 

Références

 

1.Micromedex Healthcare Series. Varenicline. [En ligne]. www.thomsonhc.com (page consultée le 21 janvier 2008).

2.Canadian Pharmacists Association. Monographie de la varénicline (ChampixMD). [En ligne]. www.pharmacists.ca (page consultée le 24 janvier 2008).

3.Stack NM. Smoking cessation: an overview of treatment options with a focus on varenicline. Pharmacotherapy 2007; 27(11):1550-7.

4.Oncken C, Gonzales D, Nides M, et coll: Efficacy and safety of the novel selective nicotinic acetylcholine receptor partial agonist, varenicline, for smoking cessation. Arch Intern Med 2006; 166(15):1571-7.