QUESTIONS FRÉQUENTES SUR LA CHIMIOPROPHYLAXIE
DE LA MALARIA
Introduction
Le paludisme est transmis à l’homme par la piqûre
d’un moustique anophèle femelle infecté par un protozoaire appelé le Plasmodium. Il existe quatre espèces qui
peuvent infecter l’homme, soit le P. malariae,
le P. vivax et le P. ovale, ces deux derniers pouvant
entrer en dormance dans le foie et causer nombre de rechutes, et le P. falciparum, dont l’infection peut
être fatale. La prophylaxie de la malaria est primordiale bien qu’elle n’assure
pas une protection complète contre cette maladie, d’où l’importance d’appliquer
également les mesures de protection individuelles. La période d’incubation du
paludisme varie de sept jours à plusieurs mois après un voyage en région
impaludée. Le choix de la thérapie doit se faire selon les résistances du P. falciparum, celles-ci variant selon
les régions du monde. Dans les régions où le P. falciparum est sensible à la chloroquine (AralenMD),
celle-ci est le premier choix. S’il y a présence de résistance à la chloroquine
alors les médicaments de choix sont l’atovaquone-proguanil (MalaroneMD),
la méfloquine (LariamMD) ou encore la doxycycline. Il est également
important, lors du choix d’une prophylaxie, de tenir compte des problèmes de
santé actuels et des antécédents du patient (ex. : épilepsie, troubles
neuropsychologiques), des interactions, des contre-indications, etc.
Prophylaxie
à long terme
Peu de données sont disponibles sur la prophylaxie
lorsque les voyageurs séjournent plus de 6 mois en région impaludée. La
chloroquine et la méfloquine peuvent être utilisées à long terme sans
problème ; il n’existe aucune restriction à ce niveau. À cause de la
toxicité rétinienne possible de la chloroquine, il est recommandé de procéder à
des examens ophtalmiques aux 6 à 12 mois après 5 à 6 ans d’utilisation en
prophylaxie. La durée recommandée d’utilisation de la MalaroneMD, varie
de 28 jours à 3 mois selon les pays. Par contre, en surveillance post-commercialisation,
on rapporte une utilisation sécuritaire jusqu’à 34 semaines. En général, le
problème principal avec la prophylaxie à long terme est la faible observance
des patients. Le voyageur devrait également s’informer des endroits où il
pourra avoir accès à un support médical s’il contracte la malaria. Finalement,
la consultation auprès d’un spécialiste de la médecine de voyage demeure l’option
la plus appropriée pour ces voyageurs. En effet, la prophylaxie doit être
individualisée selon de nombreux
facteurs tels que la durée du séjour, les résistances, le parasite prédominant,
l’accès aux soins et les préférences personnelles du patient.
Peut-on
prendre du PlaquenilMD et du MalaroneMD en même
temps ?
L’hydroxychloroquine peut être utilisée dans les
régions où le P. falciparum est
sensible à la chloroquine et il constitue une alternative à la chloroquine bien
que nous possédions moins d’évidences sur son efficacité. Il n’existe pas de
contre-indication à utiliser le MalaroneMD et l’hydroxychloroquine en
combinaison, tel que cela pourrait survenir dans le cas d’un patient traité
avec de l’hydroxychloroquine régulièrement qui se rend dans une région où il y
a des résistances à la chloroquine.
Posologie pour le PlaquenilMD en
prophylaxie de la malaria: 400 mg 1x/semaine à débuter 2 semaines avant le
départ, 400 mg/semaine tout le long du séjour à l’étranger puis 400 mg
1x/semaine pendant 4 semaines au retour.
Malaria et
grossesse
L’utilisation de la chloroquine est sans danger à
tous les stades de la grossesse, tout comme l’hydroxychloroquine. La méfloquine
peut être utilisée après le premier trimestre et ce traitement est le seul
actuellement recommandé pour les femmes enceintes voyageant dans des zones où
il y a résistance du P. falciparum à
la chloroquine. Plus de données sont disponibles concernant l’usage de
méfloquine durant le deuxième et troisième trimestre, si aucune autre option
n’est disponible au premier trimestre, elle pourrait faire partie des
traitements prophylactiques. La MalaroneMD n’est pas recommandée puisque
nous possédons peu d’information sur son utilisation en grossesse. La doxycycline
est contre-indiquée étant donné son effet sur le développement fœtal
(inhibition croissance osseuse, dysplasie dentaire, altération de la coloration
des dents). Évidemment, la femme enceinte devrait éviter autant que possible de
se rendre dans une zone impaludée puisque cette infection est associée à un
risque accru d’avortement spontané, de prématurité et de mortalité chez la mère
et le foetus. À titre de référence, un article sur la chimioprophylaxie de la
malaria en grossesse a été publié dans le Québec Pharmacie d’octobre 2001.
Malaria et
allaitement
La quantité de médicaments actifs contre le paludisme
passant dans le lait maternel est insuffisante pour protéger le nourrisson.
Celui-ci devrait donc recevoir une prophylaxie afin de lui assurer une
protection adéquate. La chloroquine et la méfloquine peuvent être utilisés lors
de l’allaitement. La MalaroneMD
n’est pas recommandée par manque de donnée sur le passage dans le lait maternel.
Liens utiles
-
« Recommandations canadiennes pour la prévention et le
traitement du paludisme (malaria) chez les voyageurs internationaux » qui date de juin 2004
est disponible sur le site de Santé Canada. Le document contient des
informations sur la prophylaxie selon les régions (annexe 1), la prophylaxie, le
diagnostic, l’auto-traitement et le traitement.
Adresse
Internet :http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/ccdr-rmtc/04vol30/30s1/index_f.html
-
Le site Internet du CDC (Center for Disease Control and
Prevention), organisme américain, contient beaucoup d’informations
régulièrement mises à jour sur la prophylaxie selon les régions, les régimes,
les MNP, la grossesse et l’allaitement, etc. Ce site contient également
beaucoup d’informations générales sur les voyages et sur les vaccins
recommandés selon les régions visitées.
Adresse Internet :
www.cdc.gov
-
Pour des informations additionnelles sur les vaccins, il est
possible de consulter le PIQ (Protocole d’immunisation du Québec)
Adresse Internet : www.msss.gouv.qc.ca
(se rendre dans la section documentation, puis cliquer sur publications et y
choisir le texte intitulé Protocole d’immunisation du Québec.
- Le MSSS rend également
disponible un Guide d’intervention en
santé-voyage. Celui-ci contient de nombreuses informations sur les
recommandations d’immunisation et de chimioprophylaxie des maladies
infectieuses.
Adresse
Internet : http://publications.msss.gouv.qc.ca/acrobat/f/documentation/2004/04-282-02.pdf
Autres références :
§
Chen HL, Wilson ME et coll. Prevention of malaria in Long-term Travelers.
JAMA 2006; 296(18): 2234-44
§
Shanks GD, Edstein MD et coll. Modern Malaria Chemoprophylaxis. Drugs
2005; 65(15): 2091-110
§
Ferreira Ema. Grossesse et allaitement. Guide
thérapeutique. 1ère éd. Éditions CHU Sainte-Justine, 2007: 702
pages.
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