Résumé des
nouvelles recommandations dans le traitement du VIH chez l’adulte
Selon The
International AIDS society-USA Panel tel que paru dans le Journal of
American Medical Association. JAMA 2006; 296(7) : 827-43
Introduction
L’année 2006 a
marqué le 25e anniversaire des premiers rapports de cas de VIH et le
10e anniversaire de l’avènement de la trithérapie. Le traitement du
VIH évolue très rapidement et les nouvelles recommandations qui suivent
s’appuient sur les études récemment publiées soit entre 2004 et 2006.
Quand débuter la thérapie ?
Aucune nouvelle donnée ne nous permet d’identifier précisément la valeur de CD4 optimale à
laquelle débuter un traitement. Il est donc toujours indiqué de débuter un
traitement chez tous les patients symptomatiques et chez les patients
asymptomatiques dont la valeur de CD4 se situe sous 350/L. Bien sûr, on doit également tenir compte de la charge virale, de
la rapidité de diminution des CD4 et de la volonté du patient à débuter un
traitement.
Traitement initial
Les régimes de choix demeurent les
mêmes par rapport à 2004, c’est-à-dire un régime à base de deux INTI combiné à
un INNTI ou à un IP potentialisé avec le ritonavir. Bien que certains
cliniciens préfèrent utiliser un IP dans la maladie avancée due à leur barrière
génétique élevée face à la résistance, aucune donnée ne permet d’affirmer
qu’ils sont supérieurs aux INNTI. Le choix de traitement dépend donc surtout
des caractéristiques du patient. Parmi les IP, le lopinavir/ritonavir est
supporté par davantage d’études. L’administration uniquotidienne de ce
médicament est maintenant approuvée aux États-unis et le sera sous peu au
Canada. De nouvelles études ont démontré qu’il était préférable de
potentialiser l’atazanavir avec le ritonavir en traitement initial du VIH.
L’efavirenz demeure l’INNTI de choix alors que la névirapine constitue une
alternative chez les femmes à risque de grossesse ou pour éviter la toxicité neurologique
associée à l’efavirenz.
Enfin, les régimes à base de trois INTI
ont été démontrés inférieurs à ceux mentionnés précédemment. Les régimes à base de quatre antirétroviraux
n’ont pas démontré une efficacité supérieure à la trithérapie et devraient être
évités. Des régimes ne contenant pas d’INTI sont présentement sous investigation.
Après le début du traitement, la valeur de CD4 et la charge virale devraient
être mesurées aux quatre à huit semaines jusqu’à ce que cette dernière soit
indétectable puis trois à quatre fois par année ensuite. La mesure de la
résistance au traitement doit être faite à l’aide du génotype et est
recommandée s’il y a échec au traitement.
Il est préférable d’effectuer ce test lorsque le patient prend toujours
le médicament.
Modifications de traitement
De nouvelles études ont montré qu’il
était souvent possible, avec les régimes actuels, d’atteindre un niveau de
charge virale indétectable même chez les patients traités de longue date. Il
s’agit donc de la nouvelle cible à atteindre pour tous les patients. Lorsque
l’on doit modifier un traitement à cause d’un effet indésirable et que le
médicament en cause peut être identifié, on doit remplacer seulement ce
médicament à l’intérieur du régime si celui-ci est efficace. Lorsque tous les
médicaments sont cessés, les médicaments à demi-vie plus longue (INNTI) doivent
si possible être cessés 5 à 7 jours avant ceux à demi-vie courte (INTI) pour
éviter l’apparition de résistance. La thérapie intermittente n’est pas
recommandée en dehors d’un protocole d’étude à moins de toxicité importante aux
médicaments utilisés. Un niveau de charge virale temporairement détectable mais
inférieur à 1000 copies/mL n’est pas toujours prédictif de résistance et ne
nécessite pas un changement immédiat de traitement. Dans le cas d’un échec confirmé, on doit
s’assurer que deux et préférablement les trois médicaments du nouveau régime
choisi seront efficaces en se basant sur les tests de résistance. S’il y a
échecs multiples et que deux médicaments efficaces ne peuvent être identifiés,
il est recommandé de maintenir le traitement actuel et d’attendre la
commercialisation de nouveaux traitements.
Bien que certaines études de petite
envergure semblent montrer une équivalence entre la trithérapie à base de lopinavir/ritonavir
et le lopinavir/ritonavir seul, la monothérapie est toujours déconseillée de
même que les régimes contenant deux IP. De nouvelles études sont venues préciser
le rôle de l’enfuvirtide (inhibiteur de la fusion). Il est recommandé de
retarder l’utilisation de ce médicament le plus possible pour prévenir
l’apparition de résistance. Cependant, son utilisation est souvent nécessaire
pour atteindre une charge virale indétectable chez les patients traités de longue
date.
Nouveaux médicaments
Deux nouveaux IP sont maintenant
disponibles au Canada. Il s’agit du tipranavir (AptivusMD) et du
darunavir (PrezistaMD) Ces
deux médicaments ont démontré une efficacité chez les patients traités de
longue date ayant eu un échec avec une trithérapie contenant un IP ou un INNTI.
Les principaux effets indésirables de ces médicaments sont les nausées et
diarrhées.
INTI = inhibiteur nucléosidique de la
transcriptase inverse
INNTI =
inhibiteur non-nucléosidique de la transcriptase inverse
IP = inhibiteur de la protéase
L’équipe du CIM